Mélancolie

Méli-mélo de maux pas beaux.

Que se passe-t-il lorsque l’on referme toutes les portes, que l’on se retrouve dans le noir, seul avec nous-même et tout ce qui nous compose… Nos espoirs et nos doutes, nos amours et nos peurs, nos envies et nos dégoûts… ? Notre ego et nos pensées qui nous assaillent, s’engouffrant dans les failles de la fatigue, là où notre bouclier n’est plus levé.

J'allume le phare ce soir

Ou plutôt ce matin, comme on allume une lampe de chevet au bord du lit après un réveil brutal d’un mauvais rêve ou comme une lampe torche pour nous sortir de la zone ténébreuse où l’on se trouve… Un feu de camp, pour raviver la lumière et la chaleur d’une nuit froide d’hiver…

J’allume le phare pour parler de ma mélancolie. Celle qui m’a pris, m’a emporté, ballottée, toute cette soirée. Rien ne la présageait, rien ne m’y préparait. J’ai sans doute tout un tas de facteurs accumulés qui, à force, m’ont fait céder. Je n’écris pas pour en trouver nécessairement toutes les causes. J’écris pour écrire, pour me dire ce que je ne peux pas écouter dans la cacophonie des voix hargneuses qui ne pointent du doigt que ce qui ne va pas.

Parce qu’à un moment, dans toute cette peine, « j’ai pensé » que ça ne servait à rien de me relever si ça ne servait à personne… Et je ne suis personne, dans ces moments-là, même pas LA personne pour qui je dois toujours me battre. C’est fou comme on est horrible avec soi-même quand on a mal sans être forcément blessé… Car de blessure, je n’en ai pas reçu récemment. Je n’ai que celles que je n’ai pas encore bien guéri et qui se rappellent à moi dans ces phases de mélancolie.

Et en me relevant après mes larmes, j’ai ouvert mon traitement de texte pour écrire. J’écrivais aussi un peu à quelqu’un et ça m’a remis quelques idées en place dans le processus de réflexion pour mettre des mots sur les maux sans que cela ne me paraisse suffisant.

Bien sûr que si, me relever peut servir à quelqu’un. À moi, déjà, soyons honnête. Ça peut aussi sans doute vous servir, à vous qui passez lire ces mots.

Si on y regarde bien...

Je ne suis pas dans la pire vie que je pourrais avoir. Je ne suis pas non plus dans la meilleure. Je suis dans un entre deux, une zone grise. Ici, il n’y a ni ténèbres qui vous étreint et vous chuchote des mots doux/loureux pour vous garder prisonnier ni lumière éclatante qui scintille jour après jour et vous transporte de joie. Je suis ma propre balance, je peux pencher vers l’un, puis vers l’autre. Le plus souvent j’arrive à tenir en équilibre. Parfois, il suffit d’un petit rien pour que cela bascule.

Je crois toujours en cette voie que j’ai choisie. Elle est ardue, j’ai peu d’aide et si l’inspiration ne vient pas, personne n’écrira à ma place. J’ai dû m’imposer des restrictions pour tenir le coup plus longtemps avant d’avoir enfin quelques signes qui continuent de me soutenir à poursuivre dans cette direction. Je ne fais sans doute pas encore tout ce qu’il faut à la bonne fréquence ou avec assez de vigueur. Je sais que ça viendra avec le temps et l’expérience. C’est quelque chose que j’ai compris de moi-même à force d’enchaîner les différents emplois. J’ai toujours une phase plus ou moins longue de temps de « pas-grand-chose » avant de me mettre à briller.

C’est déjà tellement dur de croire en soi pour de bon, maintenant, il faut que je croie aussi en tout ce que j’entreprends seule, sans filet. L’air de rien, ça demande de la force, et pas qu’un peu !

Est-ce que j’en ai encore assez, finalement, après tout ce que j’ai dû combattre et toutes les fois où j’ai dû me relever de tant de choses ?

J’avoue, j’ai parfois quelques doutes à ce sujet. Surtout avec ces moments de coups de mou qui m’épuisent encore un peu plus ou qui sont justement le fruit de mon épuisement complet.

Me reposer, d’accord. Mais qui avancera pour moi pendant ce temps-là ? Qui fera ce que je ne peux pas faire parce que je me laisse me reposer ? Combien de temps je dois le faire ? Est-ce qu’on le sait quand on peut reprendre la machine ?

Je me suis reposée, j’ai repris des activités agréables et inspirantes. J’ai même eue quelques échanges qui ont pu me faire croire qu’avoir plus pouvait (et peu encore) être possible.

Et pourtant, me voilà, cette nuit, en larmes sur le sol de mon bureau, incapable de comprendre pourquoi. J’en avais juste besoin… Ça fait mal… Mais qu’est-ce que ça fait du bien !

J’imagine que c’était peut-être un point final à tout ce que j’avais mis de côté sans l’admettre. Toutes ces petites choses qui me faisaient souffrir et que j’ai totalement refusé de regarder en face et surtout, de pleurer pour elles. Dans un sens, parce que certains ne méritent pas nos larmesHa Ego, comme tu peux être un mauvais enseignant !

Évidemment, tout ce qui nous fait souffrir mérite nos larmes, parce qu’on ne les verse pas pour ces personnes, ces actions ou ces mots… On les verse pour nous. Les larmes nous nettoient, nous purifient et nous apaisent. Elles ne sont pas un cadeau pour nos ennemis.

C’est un cadeau de notre corps à notre cœur.

Pour en guérir, il était important que je me nettoie enfin de ce qu’il me fallait laisser derrière. Ces petites choses, ces souvenirs et ces voix associés ne devaient plus être simplement enfermés quelque part dans un coin de mon esprit. Tout devait être nettoyé à grand jet d’eau glacée et prendre sa vraie place dans le passé.

Alors, oui, je vous le dis, sans honte, j’ai pleuré cette nuit. Un bon coup ! Vraiment ! Des sanglots à vous couper le souffle, assise et allongée… La fraîcheur du sol m’a soulagée. J’ai laissé les mauvaises pensées venir et partir, emportées par le flot salé.

Je me sens bien plus légère à présent, prête à reprendre la route. J’ai rallumé le phare et je prends un café, assise sur la terrasse. Le vent balaie mes cheveux ondulés, mes joues salées et mon sourire apaisé. Je vous souhaite à tous une belle journée.

Je vous rassure, je vais mieux et comme on se le dit entre nous maintenant :

Ça ira encore mieux demain.

“Les gens qui pleurent ne sont pas faibles. C’est qu’ils ont été fort trop longtemps.

Ariana Grande

“Une personne forte n’est pas celle qui ne pleure jamais. Une personne forte peut fondre en larmes par moments pour ensuite reprendre les armes et continuer de se battre.

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