La Colère

Introduction

Véritable parasite qui s’installe et qui gonfle, se nourrissant de chaque petit événement. Il s’assoit souvent sur le réel élément déclencheur et c’est un travail d’attention de voir ce qu’il dissimule. Gonflé à bloc, il relâche parfois la pression sans prévenir, nous mettant dans des situations gênantes et incontrôlables. Tel un élastique, la colère nous mobilise, nous tend puis lâche soudainement, avant de s’étirer à nouveau.

Le cycle peut être infini tant que la raison, le besoin, sous-jacents ne sont pas réglés.

Après la Fatigue et la Mélancolie, j’ai personnellement subi ce parasite pendant plusieurs mois. Il était tout d’abord insidieux, discret, lourd à porter, mais tellement silencieux que je n’arrivais pas à mettre le doigt sur ce qui clochait. J’ai compris qu’il était là et que je le nourrissais lorsque j’ai explosé de colère pour une broutille un soir de septembre. Je me suis surprise à hurler comme je n’avais jamais hurlé à l’intérieur de chez moi. Cela m’a fait du bien sur le coup puis j’ai senti la présence de ce parasite de plus en plus quotidiennement. Je le sentais se tendre et s’agiter, grogner parfois de plus en plus tôt pour de si petites choses.

Les "Fausses" Raisons

À force d’en avoir marre de subir les tourments provoqués par cette émotion, j’ai entamé le processus pour m’en débarrasser. Comme pour un oignon, il faut retirer couche par couche pour atteindre le cœur du problème. J’ai cette tendance étrange de prendre la première raison qui passe par là pour expliquer mon émotion jusqu’à ce que je comprenne que finalement, il y a plus profond.

Après tout, le vase cassé qui m’a fait hurler n’est pas ce qui a nourrit cette colère pendant des mois avant qu’elle ne sorte là, devant ces morceaux de poterie éparpillés au sol.

D’autant qu’une fois nettoyé et placé de côté pour le recoller plus tard, la colère ne disparaissait pas. Elle n’a fait qu’augmenter au contraire et je dois dire que cela m’a mis de belles œillères. Tel un tunnel, j’étais enfermée dans un état d’esprit qui me bloquait sur chaque petit détail dérangeant, le rendant plus important et plus gros qu’il n’était en réalité.

Les trajets en voiture me rendaient folle pour chaque conducteur qui était un peu trop près de moi. Les chats qui faisaient un peu trop d’agitation le matin ou le soir me faisaient grincer des dents. L’ordinateur un peu trop lent me faisait grogner très facilement. À mon travail secondaire, j’avais énormément de mal à accepter les petits désagréments de plus en plus souvent. Oh et puis bien évidemment, le temps gris, le froid et la pluie que j’apprécie pourtant très facilement, n’ont fait que me rendre morose.

Forcément, ni l’une ni toutes ensembles n’étaient les réelles raisons de mon agacement quotidien. Elles nourrissaient juste le monstre affamé qui sommeillait en moi et qui se délectait de me voir cloisonnée dans ce tunnel.

Regarder le monstre pour voir où il est assit

À force de subir, le ras-le-bol est tellement grand qu’il se tourne contre le monstre lui-même. Marre d’en avoir marre. Je me supporte plus d’être en colère constamment. Je me réveille avec le sourire et il suffit d’un petit grain de sable pour faire grincer toute ma journée. Je veux retrouver mon positif, ma hargne, ma motivation et mon envie d’avancer sans avoir l’air d’avoir pris le monde sur mes épaules toute la nuit.

Épuisée, à bout, perdue, j’ai demandé à avoir un rendez-vous chez une réflexologue. Le but était principalement de dénouer ma circulation et donc de débloquer un peu tout ce que j’ai contenu pour avoir la force de pouvoir regarder ce monstre en face une bonne fois.

Au premier rendez-vous, j’ai eu un premier indice sur la véritable raison de ma colère quand la dame a noté mon emploi secondaire avant mon travail de Coach sur sa fiche. Au fond de moi, j’ai senti le monstre se tortiller. Je n’ai rien dit, car ce n’est qu’un détail… Au retour, pourtant, j’ai abordé ce point parmi d’autres de-ci de-là qui faisaient mon quotidien. Je n’ai pas eu l’impression de régler mon souci pour autant. Évidemment, je sais qu’il ne suffit jamais d’un seul rendez-vous pour guérir. Je dis simplement que j’avais beau avoir cité ce « détail » parmi d’autres, je n’en ressentais pas moins toujours de l’énervement constant.

Après la seconde séance, j’avais envie d’écrire, de vocal, de dessiner, d’appeler quelqu’un… En-tout-cas de m’exprimer sur mon ressenti. Arrivée à la maison, j’ai donc allumé le pc et streamlabs pour lancer un live discussion. Je n’ai pas eu grand monde, mais le but n’était pas d’ameuter toute la région, simplement de parler dans un cadre sécurisant et sans thème définit.

C’était ma première étape, je suis allée vers la chambre du monstre et j’ai ouvert la porte. En parlant sur ce live, j’ai laissé la parole au monstre.

Un monstre appelé Frustration.

Ce que je nourrissais depuis plusieurs mois et qui me rendait revêche, c’était donc la frustration. Ce monstre, c’est en réalité la Coach en moi qui ne peut pas se réaliser totalement.

C’est celle à qui on a refusé le chômage en lui disant qu’elle n’a pas montré assez d’effort avec ses formations et le lancement de son projet pour que X et Y considèrent qu’elle subit le fait de ne pas être socialement sous contrat avec une entreprise…

C’est celle qui a réduit considérablement ses dépenses plusieurs mois pour avoir de quoi faire les réparations de sa voiture et survivre en mangeant au moins un peu tous les jours sans partir où que ce soit en vacances pendant l’été. C’est aussi du coup celle qui est très peinée de ne pas avoir de quoi faire tel ou tel trajet pour aider des proches qui en ont besoin.

C’est celle qui prend du coup un second emploi pour subvenir à ses besoins et toucher ce qu’elle aurait pu avoir au chômage en passant 70 % de sa semaine dans un poste qui lui fait remettre énormément de choses en question sur sa confiance en elle. Elle rentre même épuisée de ce travail, incapable d’accorder du temps à son projet qui stagne tel un marais rempli de vase épaisse.

La Coach en boite

Dans mon second emploi, je me sens fade, en manque de confiance, sans diplômes et tellement à des lieues de certaines considérations de mes collègues et des personnes que j’encadre. C’est un jugement presque quotidien sur des personnes, des habitudes, des paroles qui me poussent à me remettre moi-même en question. Oh, je ne mets pas tout le monde dans le même panier, je m’exprime juste librement sur ce que je ressens, car c’est mon droit.

Ce qui me dérange aussi, c’est d’avoir certains temps de « rien » qui peuvent être dérangés et modifiés sans prévenir. Dans ce type de moment, il est difficile de démarrer quelque chose qui demande une certaine concentration. Je me suis donc installée des applis de jeu à faire sur mon téléphone pour occuper ce temps.

Dans les temps d’encadrement et de discussion, j’ai aussi devant les yeux des problèmes hors de ma portée dans mon poste actuel. Je me suis inscrite à un domaine qui pourrait me permettre d’agir un peu plus et j’envisage de lancer un petit projet pour leur apporter plus d’informations sur les dangers des réseaux.

À côté de ça, la Coach a continué de prendre des rendez-vous avec les clients actuels mais n’en a pas de nouveaux. J’ai terminé deux prestations avec des clients satisfaits, annulé une prestation, car la demande ne correspond pas à ce que je peux donner et poursuivit la prestation avec le quatrième.

Je n’ai, par contre, pas réussi à écrire un seul nouvel article pour mon site. Je perds très vite le bonheur, la motivation et l’énergie que je ressens lorsque je sors d’une séance de Coaching. Elle dure la journée et ensuite la fatigue du second emploi me retombe dessus comme une lourde pierre que je traîne à la cheville.

C’est après une bonne grippe qui m’a mis en arrêt une semaine et en ayant une dernière crise de colère après divers nouvelles concernant justement mon entreprise et le site que j’utilise pour mes articles que j’ai une vraie discussion constructive avec un proche. Ses paroles font mouche et les mots résonnent encore en moi avec force :

« Tu es Coach avant d’être … »

« Si tu voulais vraiment que cela soit fait, ça le serait. »

J’ai vraiment compris que la Coach avait été mise en boite et qu’elle passait son temps à se rebeller pour exister.

Ma colère et mes nombreuses crises étaient simplement ses propres cris pour me dire de ne plus la laisser en arrière alors qu’au fond, elle est toute ma vie présente et future.

Un apaisement pas à pas

À présent, je me sens nettement mieux. C’est pour cela que je peux écrire au sujet de la colère. C’est forcément plus simple une fois sortie du tunnel qui nous enferme dans une seule vision des choses.

J’amène mon ordinateur au travail et je l’utilise dès que je sais que j’ai un temps de disponible. J’ai créé une session spéciale au nom de mon entreprise et je peux ainsi travailler sur les articles et tous les documents nécessaires tout en étant au second emploi. Je ne perds plus mon temps, je l’optimise.

Je profite donc des vacances de fin d’année pour avancer sur les articles également en ayant cette nouvelle motivation et cela me fait un bien fou !

Cette année 2024 ne sera plus sous le coup de privations et de contraintes qui me remettront en boite.

Je vais travailler pour que le présent et le futur soient pavés de fleurs et de possibilités.

Avoir vécu avec Dame Frustration-Colère me permettra de savoir lorsque je sentirais à nouveau mes limites abusées et mon bien-être mit à mal pour des raisons que je ne devrais pas avoir à accepter.

Je suis Coach de Vie et je ne compte pas abandonner de sitôt.

Ce qui s’est déroulé ces derniers temps aura été une leçon très importante qu’il ne faut pas que j’oublie. Cela me fait un énorme bien de le savoir aujourd’hui.

Et comme je le dis toujours, ça ira encore mieux demain !

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