La Frustration

Avoir envie de se lancer dans des articles ou des projets et se retrouver dans une situation où ce n’est clairement pas possible. Pas le temps nécessaire, pas les moyens ou encore pas le lieu pour ça… C’est un sentiment vraiment difficile à gérer, que ce soit à court ou long terme.

Après avoir compris et géré la fatigue, la mélancolie et la colère, je me suis retrouvée avec une nouvelle compagne : la frustration.

De janvier à juillet

Je me suis retrouvée à subir cette Frustration pendant de longs mois depuis que je me suis reconcentrée sur mon projet de coaching. J’avais ce projet constamment en tête au collège et très peu la possibilité d’avancer dessus.

Il faut comprendre que la surveillance ce n’est pas de tout repos ! On a des temps morts et des temps actifs et rarement le moyen de prévoir la durée de chacun. Pas facile de se lancer dans un article alors qu’à tout moment, on peut nous appeler pour telle ou telle demande.

J’aime avoir l’esprit occupé quand j’écris, mais c’est différent pour un article, je l’ai bien compris quand j’ai voulu écrire sur la colère, je n’en ai écrit que deux paragraphes au collège alors qu’à la maison, j’ai pu le terminer correctement.

J’ai essayé tout de même, à d’autres moments, d’avancer un article sur mon choix de formation d’herboriste. Vous vous doutez bien qu’il ne soit pas encore terminé à l’heure où je publie celui-là, et donc pas encore sorti. Je le ferai bientôt, je me relance petit à petit maintenant que j’ai l’esprit plus libéré et le temps nécessaire.

Comprendre les ressentis

Je subissais donc ce sentiment sans véritablement mettre un nom dessus, en tout cas pas toujours. Je ressentais l’envie et juste après une sensation d’avoir les mains liées ou « pas le temps « , pas « assez de temps » et surtout le soir pas « l’espace mental pour m’accorder du temps « . J’avais toujours mon cahier, je le prenais tous les matins, mais rares ont été les jours où j’ai écrit pendant les six derniers mois au collège. Et tous les jours, j’avais en tête de tenter d’écrire au moins un peu.

J’étais parfois totalement consciente de la frustration que je ressentais et des raisons qui me retenaient. Je tentais de lutter en essayant d’écrire quelques lignes et en profitant des temps morts pour réfléchir à l’avenir de mon projet. Il est tout de même resté au point mort pendant le temps du travail au collège. J’admire ceux qui parviennent à passer outre les désagréments et à avancer malgré vents et marées vers leur objectif.

Je connais aujourd’hui mes limites et celles qui finissent par me bloquer lorsque je les laisse se faire dépasser, que ce soit par une relation (amicale, amoureuse, professionnelle…) ou par une occupation (personnelle ou professionnelle). J’admets avoir accordé bien trop de mon temps et de mon mental à cet emploi temporaire ainsi que mon énergie envers les ennuis qui s’accumulaient dans la maison où je survivais.

Une frustration nouvelle

Les mois de mai et juin ont été remplis d’une frustration différente à celle de ne pas avancer sur mes articles. Je passais mes journées à rechercher des logements et à envoyer des messages aux propriétaires de ceux qui pouvaient s’avérer être dans mes moyens et avec les caractéristiques idéales. L’attente d’une réponse qui ne venait que rarement et qui, bien souvent, était un refus sans explications ou sur un jugement très rapide de notre dossier, créait une nouvelle frustration face à l’incapacité de pouvoir faire avancer les choses aussi vite que je l’aimerais.

Mon avenir était en quelque sorte entre les « mains «  des lignes que j’envoyais dans le message de contact et surtout dans l’interprétation des propriétaires derrière que je ne pouvais pas contrôler.

À ce moment-là, plus les jours avançaient, sans réponse ni visite, vers la date fatidique de préavis donné pour quitter ce logement, plus il m’était difficile de ne pas douter de plus en plus. Je me suis forcée à combattre la frustration en la remplaçant par la confiance et l’espoir.

Je me disais en boucle que « notre future maison nous attend « . Quelqu’un nous donnera notre chance, à ma colocataire et moi, comme c’est déjà arrivé quelques fois et c’est souvent dans ces maisons là que j’y ai le mieux vécu et le plus longtemps (notamment dans celui où j’ai déjà passé deux années et demie avec ma colocataire).

Je ne voulais pas me contenter d’un logement moyen par défaut le temps de trouver mieux ensuite. À trente-quatre ans, il faut dire que je suis bien trop souvent passée par ce type de logement là. Cette fois-ci, je veux un logement qui est correct et qui me fait me sentir en sécurité quelle que soit la saison. À un moment donné, il est bon de se battre pour obtenir une meilleure condition de vie et d’y croire. Mes critères n’étaient pas si restrictifs en plus : une maison bien isolée, pas trop près d’une route de passage et avec un jardin, en Bretagne.

Je m’égare un peu du sujet initial, pour clôturer cette petite parenthèse, sachez que j’ai trouvé ce fameux logement plus que correct et qu’à présent, j’y savoure chaque journée paisible.

En temps et en heure

En tout cas, à partir de la mi-juin, je ne pensais plus du tout à la frustration de ne pas écrire d’articles. J’avais remplacé cette envie par celle de déménager et je savais surtout que je me remettrais assez vite à écrire une fois que tout serait arrangé dans mon quotidien.

D’un esprit bloqué sur « je ne peux pas et ça m’enrage « , j’étais passée à « les choses se débloqueront en temps et en heure comme cela doit se faire « .

Plus j’y croyais, plus cela se démontrait. J’avais jour après jour des nouvelles sur tout un tas de choses qui étaient en suspens auparavant. Je n’avais pas tout laissé faire, j’avais fait les choses comme il fallait pour que cela arrive, cela prenait simplement plus de temps que je ne l’aurais souhaité quand j’ai démarré les processus.

C’est une fois avoir déménagé, bloquée sans un réseau stable pendant une semaine, le temps que la box soit connectée, que j’ai réellement compris ce qu’était la frustration et ce que ça impliquait dans mon processus de pensée.

Le processus de pensée de la frustration

J’avais envie de discuter sur discord et je savais que le réseau était bien trop instable. J’avais envie d’écrire et je le pouvais… « mais  » … Au fond à présent, je ne me souviens pas vraiment des « bonnes raisons » que je m’étais données pour ne pas le faire. Au fond, peu importe l’heure, car je ne travaille pas le lendemain, je peux écrire sur un cahier ou le pc sans avoir la connexion à internet pour ça… Comme je le fais à présent pour cet article, installée dans mon jardin avec seulement la musique dans mes écouteurs, le vent qui joue avec mes cheveux et les chats qui se roulent à mes pieds pour réclamer des caresses de temps en temps.

J’ai compris la frustration et je me suis dit que franchement, je pouvais bien faire tout ce que je voulais, peu importe le moment, je suis chez moi, je m’y sens bien. Cette petite réflexion, partagée à ma coloc’ l’a bien fait rire, elle m’y a encouragé et je me suis retrouvée à vider les cartons de livres au salon à deux heures du matin.

À présent que j’ai l’esprit plus clair et libre de tout ce qui me pesait il y a quelques mois, je comprends surtout que la frustration est générée parce que je me suis surtout concentrée sur ce que je ne pouvais pas faire. Je voyais les possibilités bloquées et, en étant focalisée dessus, j’avais envie de les dépasser alors qu’il me suffisait de les accepter et de travailler en parallèle de ces blocages pour avancer autrement.

Facile à dire hein ? Je m’explique.

On ressent des envies tout le temps, certaines sont là pour combler des besoins et d’autres pour satisfaire des plaisirs un peu moins nécessaires. Ça nous tient éveillé, motivé et nous pousse en avant, quelle que soit la direction choisie. La frustration arrive quand on ne peut pas répondre à cette envie telle qu’elle vient, que ce soit en termes de temporalité (je veux ceci maintenant) ou en termes de réalisation (je veux terminer ça vite). Elle prend tellement de place qu’on ne voit plus que ce qui nous empêche de répondre à l’envie présente et qui, du coup, nous frustre.

Est-ce une part de notre ego qui se rebiffe face aux aléas de la vie qui ne se plient pas à notre volonté ? Celui-là n’a pas encore compris que le monde ne tourne pas autour d’un seul axe qui est « soi-même », ça viendra. C’est en se confrontant aux murs qu’on apprend à les contourner.

La grande Leçon

Ce que ces mois de frustration et ce dernier mois d’apaisement de l’esprit m’ont appris, c’est que finalement, même à petits pas, on avance vers la réalisation de ces envies. Les plus dingues et irréalisables disparaissent de notre esprit et si on croit encore un peu aux autres, elles en viennent à devenir concrètes.

Certes, je n’ai pas pu écrire d’article au collège, mais j’ai pu accorder du temps à une réflexion plus importante qui concerne mon avenir et ce que je veux faire de cette nouvelle « vie » ici. Je me tourne vers une formation d’herboriste qui dure deux ans, j’ai bien sélectionné l’école que je voulais pour ce cursus et j’ai fait pas mal de démarches pour obtenir une aide au financement. J’en parlerais plus en détail dans l’article dédié. J’ai aussi fait les recherches pour le nouveau logement, les démarches variées pour y arriver et me donner ainsi un meilleur cadre de vie pour écrire à nouveau.

Tout ça, l’air de rien, sont des avancées majeures vers un meilleur avenir qui me correspond.

Aujourd’hui, je sais reconnaître une envie réalisable et je sais quand je m’invente les blocages ou si je dois trouver une alternative pour avancer d’une autre façon face à un blocage qui pourrait me frustrer. J’apprends encore à accepter ce que je ne peux pas changer (comme la vitesse de traitement d’un dossier à la caf, on connaît… !).

À présent, je me sens bien plus apaisée face au temps qui passe et je remarque de plus en plus les petites avancées qui ne doivent pas passer dans l’ombre d’une réalisation finale.

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